Bienvenue dans l’univers de la santé fonctionnelle

Cuisine Actuelle

Grâce à la délicieuse, riche et instructive formation dispensée par Clara Materne, experte dans le domaine de la saine gourmandise, nutrithérapeute et praticienne en santé fonctionnelle en Belgique, l’envie m’est venue à mon tour de vous partager le hors série du magasine de la cuisine actuelle. 

Certains aliments prônés en nutrithérapie posent des questions écologiques et/ou sont pollués. Quelle serait dans ce contexte l’alimentation idéale? Les règles à privilégier? Quels sont les clés pratiques permettant d’allier santé et gourmandise?

Ce sont ces questions auxquelles je vais m’attarder…A mon sens, il est essentiel de remettre l’assiette au coeur de notre santé : prendre des compléments alimentaires n’aura pour moi aucun sens si la base qu’est l’apport alimentaire n’est pas ajusté. Et remettre aussi l’assiette au coeur de nos vies, de nos moments de partage, de conscientiser que nous sommes ce que nous ingérons. Ceci dépasse la simple nutrition: ce concept englobe la santé physique, le bien-être mental et l’identité culturelle. Manger sainement, c’est non seulement prendre soin de soi, mais aussi le faire en étant responsable afin de respecter tous les maillons de la chaine: de nous-même, à l’aliment que nous savourons, à la personne qui le cultive ou l’élève et à la Terre qui nous l’offre…Bienvenue dans l’univers de l’alimentation fonctionnelle appelée aussi intégrative!

L'alimentation aujourd'hui...entre modernité et défis

Une alimentation plus diversifiée mais parfois déséquilibrée

Grâce aux avancées en agriculture, en transport et en conservation, les rayons des supermarchés offrent une gamme infinie de produits. Pourtant, cette profusion ne rime pas toujours avec équilibre nutritionnel. L’essor de la nourriture transformée, riche en sucres, en sel et en additifs, favorise des maladies en recrudescence comme l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. À l’inverse, la prise de conscience des bienfaits d’une alimentation saine pousse de plus en plus de consommateurs vers des régimes plus naturels, comme le bio, le végétarisme ou le flexitarisme. Mais sont-ils pour autant gage de santé optimale et adaptés à chacun? 

Les enjeux environnementaux de l'alimentation moderne

L’alimentation actuelle repose largement sur une production intensive qui a des impacts écologiques majeurs : déforestation, pollution des sols, consommation excessive d’eau et émissions de gaz à effet de serre. Face à ces défis, des alternatives émergent, comme l’agriculture biologique, les circuits courts et les protéines alternatives (insectes, viande de culture, végétaux riches en protéines). 

Vers une alimentation plus responsable

Les consommateurs deviennent de plus en plus exigeants quant à la provenance et aux conditions de production des aliments. Le commerce équitable, le zéro déchet et la réduction du gaspillage alimentaire sont au cœur des préoccupations. De plus, la technologie joue un rôle grandissant, avec des applications permettant de mieux gérer sa consommation et des innovations comme l’agriculture verticale ou les substituts de viande à base de plantes. L’alimentation d’aujourd’hui est donc à la croisée des chemins : entre facilité et risques sanitaires, entre surproduction et défis écologiques, entre modernité et retour à des pratiques plus saines. L’avenir de notre alimentation dépend donc des choix individuels et collectifs en faveur d’un modèle plus durable et équilibré.

Face à toutes ces questions et problématiques, il m’arrive d’entendre qu’il est difficile de savoir quoi manger afin d’allier santé, écologie et économie. Manger, pourtant besoin basique, est devenu un acte complexe empli souvent d’idées reçues.

Voici les propositions et conseils faisant office de compromis raisonnables et raisonnés!

Sommaire

Les besoins en macronutriments

Les besoins en macronutriments nécessitent une approche tant quantitative, que qualitative. En effet, suivant les périodes de vie (croissance, grossesse, grand âge, activités etc.), la vigilance sera de mise afin d’apporter à notre organisme le carburant optimal, efficace, celui qui pollue peu, tout en étant abordable autant que possible économiquement.

Attention également à l’aspect métabolisation: comment va être traité ce carburant? Les étapes de digestion et d’assimilation sont aussi à prendre en compte. Il ne s’agit pas seulement d’apporter des produits qualitatifs mais d’étudier aussi le profil digestif de la personne afin d’optimiser l’efficacité des apports.

Les protéines

Les protéines sont les briques de construction, elles sont constituées d’acides aminés qui composent les tissus (muscles, peau etc.), accélèrent les réactions chimiques (ex: enzymes), aident à transporter des substances, participent à la communication cellulaire (ex: hormones), et composent les défenses immunitaires (ex: anticorps).

Elles peuvent être apportées par des aliments animaux et végétaux. Quand les produits animaux apportent l’ensemble des acides aminés en quantité suffisante, les végétaux peuvent être déficients en certains acides aminés essentiels. Cela nécessitera alors de combiner les différentes sources végétales pour assurer un apport complet, notamment si diètes végétarienne et vegan. Par exemple, les céréales sont déficientes en lysine alors que les légumineuses le sont en méthionine.

Quant à leur digestibilité, le système digestif haut sera essentiel notamment l’estomac dont le rôle est de commencer à découper ces protéines en acides aminés. Les protéines végétales auront aussi besoin pour certaines d’un mode de préparation particulier pour en tirer tous les profits. (ex: trempage, germination, mixage etc.). 

Globalement, les apports sont souvent sous-estimés. Les poudres d’origine animales ou végétales pourront alors les compléter si besoin. Attention alors à la qualité de ces poudres, les préférer hydrolysées (pré-digérées) afin d’augmenter leur digestion, absorption et donc efficacité. A noter que la whey (protéines de poudre de lait) sera exempte de lactose (quantité infime) si hydrolysée.

Les protéines animales, d’origine terrestre et marine tout particulièrement devront être un maximum qualitatives. Des labels garantissant une origine tracée et éthique permettent aux consommateurs de s’orienter vers des choix éclairés. 

Le saviez-vous?

  • Les combinaisons d’apports végétaux afin d’être complet vis-à-vis du profil en acides aminés ne seront pas obligatoires au sein d’un même repas mais une variété sur la journée suffira!
  • Les sources végétales qui incluent les 9 acides aminés en proportion suffisante sont: le quinoa, le sarrazin, l’amarante, le chanvre, les graines de chia et la spriruline.
  • La glycine est un acide aminé majoritaire qui représente 1 acide aminé sur 3. Il s’agit d’un élément limitant du collagène, essentiel pour le tissu conjonctif: il soutient ainsi tous les tissus du corps et sa production diminue en vieillissant. Ainsi, apporter du collagène sous forme de poudre ou au sein de l’alimentation (bouillon d’os par exemple) trouvera un sens certain.
  • La teneur nutritive de l’oeuf est quasi parfaite. Il contient les 9 acides aminés essentiels. Les choisir évidemment de qualité (plein air, enrichi en omega 3 etc.). Le mode cuisson aura aussi un impact: le jaune coulant préservera davantage les vitamines et anti-oxydants, facilitera sa digestion et donc son assimilation.
  • Et les protéines laitières, qu’en penser? A chacun de se faire une opinion car différentes problématiques les concernent: produits acidifiants, inflammatoires (riche en leucine), riche en lactose pour certains (peu digeste), possiblement allergisants quand la barrière intestinale devient poreuse, et surtout revenons au bon sens: ils permettent de faire grossir des veaux! Bien sûr, suivant leur qualité et les problématiques individuelles, ils pourront faire partie de votre alimentation…mais à titre de produit « plaisir » selon moi, et pas « santé » comme on nous l’a longtemps asséné.

Les lipides

Les lipides constituent une source d’énergie essentielle et sont particulièrement importants pour les efforts de longue durée. Mais outre ceci, ce sont les constituants majeurs des membranes cellulaires, et donc assurent la bonne communication cellulaire. Ils sont aussi précurseurs d’hormones, facilitent l’absorption des vitamines liposolubles (A/D/E/K), jouent un rôle dans la santé cardio-vasculaire et cérébrale, prolongent la satiété et maintiennent la température corporelle.

L’important est de bien choisir ces sources de graisses. Elles ont toutes un intérêt certain mais intérêt variant suivant leur proportion. En effet, par exemple, un ratio omega 6/omega 3 trop élevé, favorisera un terrain pro-inflammatoire et pourra altérer la communication cellulaire entre autres. Ensuite, être attentif au point de fumée du produit permettra de ne pas altérer sa structure et donc de ne pas être néfaste. Et plus encore, cette oxydation peut débuter bien avant le point de fumée, donc il est important de ne jamais chauffer certaines huiles contenant beaucoup d’acides gras polyinsaturés comme l’huile de lin par exemple. Ces huiles devront ainsi être conservées au frais et rapidement. Enfin, la vigilance sera de mise quant à leur qualité encore une fois: une huile première pression à froid garantira une préservation des qualités nutritionnelles, des saveurs et garantira une absence de traitement chimique.

Le saviez-vous?

  • Les huiles que l’on peut nommer « précieuses » pourront être apportées au sein de l’alimentation à des fins spécifiques. Par exemple, l’huile de bourrache soutient la peau, est anti-inflammatoire et joue sur l’équilibre hormonal. Quant à l’huile de courge, elle soutient la prostate, réduit l’acné et l’hyperandrogénie.
  • Les oléagineux et les graines nécessitent souvent un trempage afin de chasser les anti-nutriments, comme l’acide phytique qui empêche la bonne absorption des minéraux comme le fer, le zinc, le calcium et le magnésium. L’épluchage, la germination et la torréfaction sont aussi des méthodes pour augmenter le bénéfice santé des graines et oléagineux en diminuant les tanins et les inhibiteurs d’enzymes. La cuisson quant à elle réduit oxalates et lectines, augmentant le risque de calculs rénaux pour les premiers et possiblement perturbateur de l’intégrité de la barrière intestinale pour les seconds.
  • Les oléagineux (surtout amandes et noix de cajou) sont riches en matières grasses et peuvent représenter une alternative aux produits laitiers du fait de leur texture et de leur goût le plus souvent assez neutre. Les graines pourront aussi être germées et seront facile à intégrer à l’alimentation. La germination multiplie la teneur en vitamines et minéraux, réduit les anti-nutriments comme déjà évoqué, sont plus faciles à digérer et donc à assimiler.
  • L’avocat est une excellente source de lipides mais représente un défi écologique: besoin d’eau, exportation et empreinte carbone. Il est donc important de privilégier les circuits courts ou à défaut les avocats européens et en petite quantité.
  • Le lait de coco est une bonne alternative à la crème fraiche, il est riche en vitamines, minéraux et anti-oxydants. Il est anti-inflammatoire, soutient le système immunitaire, l’acide caprylique étant notamment anti-fongique. Il fournit une énergie rapide grâce aux acides gras à chaine moyenne (MCT), idéal pour les sportifs ou en cas de régime cétogène. Préférer les laits sans additifs contenant au moins 60 % d’extraits de coco
  • Les petits poissons gras seront privilégiés versus les plus gros du fait de la présence de métaux lourds en plus petite quantité. Achetés en conserve pour la praticité, l’emballage et la technique de cuisson seront importantes. Le mieux étant bien sûr à la vapeur et conserver dans un emballage sans bisphénol A.

Les glucides

Les glucides sont la source d’énergie principale, ce sont le carburant principal du corps et du cerveau. Qui dit carburant dit dépenses physiques et/ou psychiques ! Les besoins seront donc à estimer selon le niveau d’activité. De façon générale, seront privilégier des sources de qualité, riches en fibres, à index glycémique modérée afin de prévenir les maladies métaboliques de civilisation.

La saviez-vous?

  • La notion de charge glycémique est un concept qui permet d’évaluer l’impact d’un aliment sur la glycémie (taux de sucre dans le sang), en prenant en compte à la fois la qualité et la quantité des glucides qu’il contient, versus l’index glycémique qui ne prend pas en compte la portion. Ainsi, il sera davantage opportun de se référer à cette notion et encore plus de limiter l’élévation de la glycémie au cours d’un même repas, et ceci par différentes stratégies: ordre des apports, pas de sucre à jeun, formation d’amidon résistant, etc.
  • Les sucrants naturels sont des alternatives plus saines en apportant des anti-oxydants et des fibres. Par exemple, bananes et dattes pourront se substituer au sucre. Attention toutefois aux sucrants riches en fructose, ils n’élèvent pas la glycémie mais ont un impact sur le taux de triglycérides ce qui in fine est aussi mauvais. Mais tout comme certains édulcorants qui ne font que leurrer nos récepteurs et sont en fin de compte délétères pour la flore intestinale, le mieux sera tout de même de se déshabituer du sucre qui est toujours beaucoup trop présent dans notre quotidien.
  • Les céréales sont considérées comme acidifiantes du fait de leur composition en acides aminés souffrés et leur faible apport en minéraux alcalinisants. Ainsi, pour diminuer cet inconvénient, associer à des légumes alcalinisants et apprendre à les préparer (trempage, fermentation et cuisson douce) permettront de limiter cet effet. Ces techniques de préparation auront aussi pour avantage, de diminuer les anti-nutriments (lectines, phytates) et d’améliorer leur digestibilité (en cas de sensibilité intestinale).
  • Les légumineuses sont d’un grand intérêt nutritionnel: elles sont riches en protéines végétales et associées aux céréales, elles apportent tous les acides aminés essentiels (régime végétarien/lien). Elles sont aussi riches en fibres et micronutriments. Attention cependant à bien les préparer! Elles ont un impact écologique moindre comparativement aux protéines animales et il s’agit d’un aliment économique. 

Les besoins en micronutriments

Les micronutriments sont des éléments indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Contrairement aux macronutriments (glucides, lipides, protéines), ils n’apportent pas d’énergie, mais ils sont essentiels pour de nombreuses réactions biologiques. Ils se divisent en vitamines et minéraux.

Ils sont notamment indispensables pour:
• Le maintien de l’énergie et du métabolisme
• Le soutien du système immunitaire
• La prévention des maladies chroniques (ostéoporose, anémie, maladies cardiovasculaires, etc.)
• La protection contre le stress oxydatif et le vieillissement cellulaire

Le saviez-vous?

  • Les apports journaliers recommandés par les organismes officiels reposent sur des critères non de bonne santé mais d’absence de pathologie! Ils sont globalement sous-estimés.
  • Ces apports sont dépendants de la qualité de l’aliment, de son mode de conservation, de préparation et individu-dépendant du fait de ses absorptions et et de ses besoins. Par exemple, concernant la vitamine C, la fraîcheur du produit sera essentielle, et elle sera partiellement détruite lors des cuissons. Si associée à des aliments contant du fer d’origine végétale, elle optimisera l’absorption de ce dernier.
  • Connaissez-vous la notion de matrice alimentaire? Il s’agit de la structure physique et chimique des aliments et réfère à leur organisation et à leur façon d’interagir entre eux, ce qui joue un rôle clé dans la digestion et absorption des aliments. Concernant les aliments ultra-transformés, ils ont une matrice altérée, ce qui favorise grandement des déséquilibres métaboliques : par exemple, une matrice intégrale est cruciale pour la libération graduelle des nutriments dans le tractus digestif, ce qui permettra entre autres une élévation de la glycémie moins rapide.
  • Mais toutefois dégrader cette matrice par des techniques de préparation bien choisie peut aussi optimiser certains nutriments et micronutriments: citons le trempage, la germination et la fermentation, techniques anciennes, toutes utilisées depuis des millénaires par les civilisations du monde entier. Elles sont encore prônées aujourd’hui du fait d’une meilleure digestibilité (réduction des anti-nutriments), d’une amélioration de la biodisponibilité des vitamines et minéraux, d’une conservation naturelle et enfin du développement des saveurs.

La règle des 3 "V"

Vrai - Varié - Végétal

la règle des 3 « V » en alimentation est un principe simple faisant majoritairement consensus en terme du bien manger. Elle repose sur 3 notions:

  • Végétal: prioriser une alimentation riche en légumes, légumineuses, fruits, céréales complètes. Cela permet d’augmenter les apports en fibres, vitamines et minéraux. Les teneurs en micronutriments changent selon leur préparation: crus/cuits/trempage/germination/fermentation/mode de cuisson. La qualité est essentielle pour la santé humaine, autant que pour l’environnement, il est préférable de consommer local, biologique (sans intrants phytosanitaires) et de saison bien sûr!
  • Vrai: favoriser les aliments peu transformés, naturels et bruts (fruits et légumes frais, viandes non transformés, produits artisanaux etc.). Cela permet d’éviter les additifs, sucres et graisses cachées dans les produits industriels, et ainsi de ne pas rompre la matrice la plupart du temps utile.
  • Varié: manger de tout en alternant les sources de nutriments pour éviter les carences et pour nourrir notre faune interne. En effet, un microbiote diversifié remplira des fonctions multiples à notre service. Aussi, en cas de d’hyperperméabilité intestinale, une monotonie alimentaire favorisera des intolérances sur le long terme. Enfin, varier les saveurs, textures et esthétique est souvent gage de plaisir de la bouche et des yeux.

La chrononutrition

Notre horloge biologique

Qui n’a jamais entendu l’adage « petit déjeuner comme un roi, déjeuner comme un prince et diner comme un mendiant! »? 

Concernant l’utilité de ne pas manger n’importe quoi n’importe quand, 3 prismes argumentent ce concept:

  • Les enzymes digestives

Le matin, la sécrétion de pepsine et lipase pancréatique est élevée, facilitant la digestion des graisses et des protéines et renforçant ainsi leur assimilation.

Le midi, les amylases sont plus actives: la digestion est donc optimisée pour les glucides complexes (légumineuses, céréales complètes).

Le soir, l’activité enzymatique est moindre. Pour éviter une surcharge digestive, le diner se devra d’être léger.

  • La sensibilité à l’insuline

Apporter en grande quantité des glucides le matin perturbe l’équilibre insulinique favorisant sa résistance : le pancréas y est plus sensible à ce moment de la journée. A noter qu’il est de toute façon préférable de limiter les glucides rapides tout au long de la journée! 

  • La psychonutrition

Pour la bonne synthèse des neurotransmetteurs dopamine et sérotonine, les précurseurs se doivent d’être apportées en quantité suffisante:

La dopamine est synthétisée à partir de la tyrosine, un acide aminé présent dans les protéines animales. Pour les personnes en déficience de motivation et de concentration, une consommation plus importante de protéines le matin a donc un sens. 

La sérotonine est synthétisée à partir du tryptophane, sa disponibilité augmente lorsque les glucides complexes sont consommés en fin de journée, favorisant ainsi une synthèse accrue de sérotonine, et donc une zenitude propice à un bon sommeil.

Le mode 80/20

Pour résumer les notions déjà abordées, l’alimentation idéale se doit d’avoir un bon profil nutritionnel autant sur les macro que les micronutriments. Ceci grâce à une grande diversité de végétaux, des produits animaux de qualité, peu de produits industriels et ultra-transformés, économiquement abordable et une alimentation saine pour l’homme et la planète. Le biologique semble aussi plus adapté autant pour notre santé que pour le respect des terres et des animaux. Mais manger doit rester un moment de partage et de plaisir. Être dans le contrôle alimentaire peut s’avérer contre-productif en générant du stress antinomique avec cette notion de plaisir. Je pense qu’il est essentiel de ne pas suivre un mode alimentaire à 100% mais s’accorder des moments de pause où l’insouciance sera de mise…Le mode 80/20 est un bon compromis à mon sens: soyez exigeant 80% du temps et laisser place aux imprévus, aux invitations, aux moments conviviaux de partage les 20 autres pourcents. 

Ce ratio 80/20 pourrait aussi s’envisager quant à votre satiété…Nous mangeons la plupart du temps beaucoup trop et ne prenons plus le temps d’investiguer cette satiété. Faites l’éloge de la lenteur à table: mastiquez, conscientisez les goûts, les textures, les saveurs…Sortons de notre rythme effréné au moins le temps des repas afin de remettre le besoin vital de se nourrir au centre de nos vies et soyons davantage à l’écoute de nos sensations et de nos émotions 

L'alimentation personnalisée

Pas de vérité

Il n’y a pas à mon sens de vérité absolue concernant l’alimentation saine. Les principes envisagés ci-dessus constituent des conseils globaux.

En cas de pathologie, il est souvent adapté de suivre temporairement une diète restrictive ciblée. J’insiste sur le fait que cette dernière sera toujours suivie sur un temps déterminé, au risque dans le cas contraire de créer carences et déséquilibres au sein de la flore intestinale. Par exemple, en cas de SIBO, un régime sans FODMAPs pourra améliorer les symptômes en prévision d’un traitement adapté. Aussi, dans les cas d’intolérance à l’histamine ou aux souffrés, il en sera de même. Les régimes cétogènes pourront aussi avoir un sens en cas de cancer ou de maladie d’Alzheimer. Quant aux maladies auto-immunes, le régime Seignalet a montré toute son efficacité. Ces exemples sont loins d’être exhaustifs et il sera très fortement conseillé d’avoir recours à un thérapeute formé pour ces diètes strictes.

Une nouvelle vision s’ouvre aussi depuis peu quant à une personnalisation de l’alimentation grâce à la génomique.

Zoom sur l'alimentation selon les génotypes

L’alimentation selon les génotypes est une approche personnalisée de la nutrition qui repose sur la génétique individuelle. L’idée est que nos gènes influencent la manière dont notre corps métabolise les nutriments, réagit aux aliments et prédispose à certaines maladies.

Chaque individu possède un patrimoine génétique unique, hérité de chacun de ses parents, influençant :
• La capacité à digérer certains aliments (ex. : lactose, gluten)
• La sensibilité aux macronutriments (graisses, glucides, protéines)
• Le risque de maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires)
• Le métabolisme des vitamines et minéraux
• La réponse aux régimes alimentaires (prise/perte de poids)

Parmi ces génotypes, l’impact du gène ApoE sur le métabolisme des macronutriments constitue une riche information. En effet, très succinctement, selon que nous sommes E2, E3 ou E4, la diète conseillée sera différente pour les proportions de lipides et de glucides. De même, l’influence du génotype DIO2 sur la fonction thyroïdienne permettra de conseiller des ratios spécifiques. La capacité à digérer le lactose en relation avec le gène LCT sera aussi très intéressante à connaître afin d’éviter les possibles dysbioses secondaires à l’ingestion de lactose. Enfin, la digestion des amidons de par le gène AMY1A pourra être évaluée informant ainsi sur la capacité à assimiler les féculents.
En résumé, l’alimentation selon les génotypes est une piste riche en informations et en pleine essor pour une nutrition personnalisée, mais elle se doit d’être combinée avec d’autres analyses fonctionnelles dont les marqueurs métaboliques notamment afin d’être complet.

Le praticien en santé fonctionnelle

Le coach culinaire fonctionnel

Connaissez-vous le mot « umami »? Il s’agit de l’une des cinq saveur de base, aux côtés du sucré, du salé, de l’acide et de l’amer. Elle est décrite comme une saveur savoureuse ou délicieuse. Ce terme japonais est souvent associé à la sensation de profondeur et de satisfaction dans les plats. Des astuces pour renforcer cette saveur seront proposées…du sain oui, mais de la gourmandise aussi! 

Votre coach approfondira aussi vos besoins et vos spécificités afin que « l’aliment soit votre meilleur médecin ». Avez-vous besoin d’un régime d’éviction passager? (en cas de SIBO, d’intolérance à l’histamine? aux oxalates, etc.), d’une diète ciblée pour un objectif (détox, IG bas, anti-oxydatif etc.) et parfois d’un régime particulier selon vos conviction (végétarisme par exemple) en prévenant les carences possibles. Votre praticien, grâce notamment à des fiches conseils et des recettes inrratables, pourra enfin vous aider à personnaliser au mieux votre alimentation. 

Et quid de votre génomique, le futur selon moi quant à une précision ultime sur votre propre fonctionnement.

Mes inspirations

Clara Materne est spécialisée en nutrithérapie et santé fonctionnelle. Elle propose des accompagnements personnalisés pour aider ses patients à retrouver un équilibre durable grâce à une approche holistique combinant alimentation, phytothérapie et gestion des émotions. Elle est basée à Liège, en Belgique. 

Je vous recommande ces ouvrages si vous désirez creuser le sujet des défis alimentaires modernes.

« Manger mieux pour vivre mieux », James Wong, aux Editions Hachette pratique

Résumé:

« Vous voulez des pommes de terre qui vous apportent moins de calories et plus de fibres, mais toujours la même saveur ? Des myrtilles encore plus riches en antioxydants, et qui coûtent deux fois plus concentrées en phytonutriments et toujours aussi sucrées ? Le tout sans y passer plus de temps ?
La science peut vous aider !

Manger mieux pour vivre mieux vous fait oublier les modes diététiques, la quête éperdue de super-foods, etc. pour vous offrir une approche scientifique des aliments afin de les rendre, chiffres à l’appui, plus sains… et plus savoureux. En changeant seulement la façon de les choisir, de les stocker et de les cuisiner. Ni régime, ni ingrédients obscurs, ni ustensiles sophistiqués. Mais des preuves scientifiques apportées par des chercheurs pour rendre vos aliments préférés encore meilleurs pour votre santé. Avec 80 recettes, James Wong vous montre comment transformer en superfoods les ingrédients les plus courants. »

« Du bon sens dans notre assiette », Anthony Berthou, aux Editions Acte sud

Résumé:

« Que faut-il manger en 2023 ? Tandis que la plupart des habitants des pays occidentaux mangent à leur faim, ils n’ont jamais été aussi perdus quant à ce qu’il faudrait mettre dans leur assiette pour rester en bonne santé. On observe en effet une inquiétante perte de vitalité et une hausse des pathologies dites de civilisation. Faut-il arrêter le gluten ? le lait ? Manger bio, cétogène ou cru ? Jeûner ou sauter le petit-déjeuner ? Devenir flexitarien, voire végane ?
Avec une approche à la croisée de l’évolutionnisme, de la biologie et de la nutrition, Anthony Berthou propose une explication lumineuse aux dérèglements que subissent nos corps et notre environnement à l’époque moderne. Son programme nutritionnel et écologique fait le pari de prendre à rebrousse-poil les « régimes faciles » : comprendre nos mécanismes biologiques essentiels pour apprendre à les resynchroniser.
La solution apparaît limpide à la lecture : nous réapproprier ces évidences héritées de nos ancêtres, que nous avons oubliées, et reconnecter notre assiette aux cycles de notre environnement. »

« Je mange selon mes génotypes », Dr Georges Mouton et Julie Loiré, aux Editions Exuvie

Résumé:

Parmi les patrimoines génétiques ou génotypes, dont nous sommes tous porteurs, certains impactent fortement notre santé, de manière favorable ou non, en fonction de notre diète alimentaire, selon qu’elle soit adaptée ou non. C’est la découverte qu’a faite le Dr Georges Mouton, spécialiste en médecine fonctionnelle, et que Julie Lioré et lui rendent accessible au grand public dans cet ouvrage inédit. Grâce au détail de quatre génotypes digestifs et métaboliques, que des propositions alimentaires viennent enrichir, ce livre vous aidera à mieux envisager votre capacité à digérer les glucides, et l’amidon en particulier, les lipides, le lactose, mais aussi à réguler certaines hormones thyroïdiennes. Face aux problèmes de santé que peut engendrer la consommation de produits céréaliers et laitiers, manger selon vos génotypes vous permettra de mieux vous comprendre et de personnaliser votre diète, pour être et demeurer en bonne santé. »

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